Rose langagière
Feuilleter son être, cette substance langagière bien réglementée.
Effeuiller ma rose…
Aller là où les pétales de ma vie se culminent et s’attachent précieusement à l’essence narratrice…
Explorer les racines de mon étant avec le microscope langagier qui article mon je.
Me perdre dans les dimensions infiniment indéterminées de ma consistance…
Que des souhaits qui frappent mes nerfs de l’être-là ! Que de larmes amères issues de mes mers bien salées, habitées de « Je ne sais quoi » et de « Presque rien » qui s’interrogent en moi. Dialogue de sourds, de muets, de non-voyants, d’affamés, d’eux…
Philosophe des instants oubliés, des particules minimes vues par le microscope familier…
Philosophe des siècles balayés, des mini-concepts, des mini-philosophies et de tous les langages qui sont encore barbares, mon je murmure au fond de ce fameux Moi ancestral les signes d’un devenir en avenir.
Me penser autrement, me poncer autrement.. polir le restant du corps fait de pleurs des femmes, de leurs peurs, de leurs assujettissements, de leurs amours, de leurs états « de mineures »…
Je trace une ligne subjective mais le je me triche et parle de mes autres.
Et ma rose dans son apothéose subjective s’effeuille en traces de femmes.