Le bohème du langage
Pour les habitant(e)s du cœur, je laboure les champs du savoir et y sème tout mon pouvoir verbal.
Souligné comme le magma du volcan, ici et là, je brasse du vent.
Le mal qui tourmente la vie, m’étourdit infiniment.
Les doigts du destin remanient mes traits langagiers, et toutes les rides de vieillesse de cette langue transpercent mon être.
Pour la plus belle des langues, j’offre mon royaume; palais enchantés et sources limpides s’entassent dans ma caravane de bohème linguistique.
Je ne suis pas poète, je suis celui qui dessine avec les mots la vie de ses ancêtres et esquisse dans la paresse du vivant les plus beaux carmes du monde…
Je suis pauvre et presque mendiant, quand mes traits linguistiques ne parviennent guère à toucher ton cœur. J'en pleure et les larmes amères sursautent sur les lignes sans les habiter.
Le polyvalent du langage, c’est cela le bagage de Maudit poète perché sur le sommet de son vieil arbre généalogique…
Comme le Merle de montagne, je gazouille, mais qui comprendra mon langage…
Ne me demandez plus qui je suis; l’errant dans les méandres poétiques se fait toujours entendre.
Mercredi 28 avril 2010 à 12h00
