Poèmes d'autrefois, n°0
SARABANDE
Profitez mieux du temps que vous ne faites,
Vous le perdez au bel âge où vous êtes ;
Je vois l’Amour dans vos yeux qui vous dit,
À votre cœur je ne fais plus crédit :
Profitez mieux du temps que vous ne faites,
Vous le perdez au bel âge où vous êtes.
Ce petit Dieu n’en exempte personne,
C’est un tribut qu’il faut que l’on lui donne ;
Avec plaisir laissez-vous enflammer,
Car tôt ou tard il nous force d’aimer :
Ce petit Dieu n’en exempte personne,
C’est un tribut qu’il faut que l’on lui donne.
Quoi ? Belle Iris, vous ne pouvez comprendre
Comment un cœur à l’amour se peut rendre ;
Apprenez-moi comment il faut charmer,
Je vous dirai comment il faut aimer :
Par ce secret vous pourrez bien comprendre
Comment un cœur à l’amour se peut rendre.
Mad. MELSON
Ce poème a été publié dans l'ouvrage de Bénigne de Bacilly, Suite de la première partie du recueil des plus beaux vers qui ont été mis en chant, Paris, chez Charles de Sercy, 1661, p. 399. Transcription du texte mis en ligne (et téléchargeable) par Google livres.