TVA à 5,5 ou à 19,6

Publié le par Dinah

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Ce matin, Monsieur Je pose ses valises à Bienvenue qui est une ville bien occidentale et bien civilisée où les gens vivent en harmonie et sont de très bons consommateurs. Dans cette ville qui s'agite tous les matins et ne s'endort point la nuit, notre ami bien futé et maître de lui-même vient pour s'enrichir un peu plus. En rencontrant le maire de la ville, il prend connaissance de l'état désastreux des finances de la ville et commence à assumer ses nouvelles charges du conseiller fiscal de maire.
Les jours passent sans qu'il trouve une solution efficace pour redonner de l'espoir au maire qui attend toujours la délivrance promise par notre Je.

Mais un jour de l'été 2220, il se trouva dans le plus grand jardin public de Bienvenue et eut l'idée géniale de proposer au maire de taxer les bisous étant donné le nombre important de bisous échangés par jour et par habitant dans cette ville. 
Or, notre Je saisit parfaitement l'intérêt accordé aux baisers à Bienvenue ; un bisou relève du bien-être, des affects, des traditions et d'une politique gouvernementale basée sur le slogan Bonheur pour tous, bisous plus. 

Et, d'ailleurs, pour rendre efficace cette nouvelle politique du bonheur, on a voté une loi qui interdit aux gens de se saluer sans faire la bise. Tout est donc fait pour procurer aux habitants l'envie de consommer plus, comme de s'embrasser de plus en plus, pour atteindre le bonheur.
Le projet d'instaurer une nouvelle taxe sur les bisous préconisé par notre admirable Je est bien ficelé et plaît beaucoup au maire qui se lance dans une lutte acharnée pour le promulguer malgré les rébellions
et tous les tracas sociaux engendrés par la déclaration publique de cette nouvelle taxe.

Le seul détail soulevé par le maire est celui du choix du taux de la TVA Bisou. Il est convaincu de l'efficacité du taux 5,5 contrairement à Je qui préconise le taux 19,6 parce que les bisous constituent des manifestations d'affects, autrement dit, ne sont pas indispensables à la vie mais ils peuvent permettre d'atteindre le bonheur comme le parfum.

Le maire, qui est moins avide que Je et bien plus rationnel que lui, décide que le taux sera de 5,5 et cela pour le bien-être commun, en disant à Je la fameuse phrase que l'on trouve actuellement dans toutes les encyclopédies et dans tous les dictionnaires : « Taxons les baisers ordinaires à 5,5 et les baisers amoureux à 19,6  pour l'intérêt général ».

À Bienvenue, les TVA Bisou et French Kiss sont en vigueur depuis le 14 juillet 2220. Elles lui rapportent plus que toutes les autres taxes qui furent abandonnées. 
Avant d'apposer le mot fin pour terminer cette brève histoire de la plus fameuse des taxes, on pense à notre Je bien futé qui continue à faire du bonheur son commerce.

Prenez garde de ne point faire de bisous n'importe comment, n'importe où, à n'importe qui car des réseaux illégaux permettent encore
de pratiquer l'Art du baiser (appelé familièrementl'art bisoutier) en toute impunité et cela en trompant le contrôle implacable de l'Administration de Bienvenue. Cet art bisoutier fort précieux est ainsi devenu une mine d'or inexploitée encore par le farfelu Je dans plusieurs pays comme celui des Bisounours.  J'habite le pays Bisous et, ne souhaite guère que Monsieur Je pose, un jour, ses valises sur notre sol,  car je ne veux ni entendre, ni voir une publicité comme ce que l'on voit à Bienvenue :  Bisous amoureux défiscalisés.                                                                    
                                                  
                                                         Fin
 



Improvisation 30/03/2010 08:39

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Publié dans Bribes fictives