Hiver

Publié le par Dinah

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Quand on n'a que les mots pour guérir les blessures des mots, on se cache derrière son stylo et on le laisse guider nos pensées.
Quand on n'a que les chagrins, il nous reste un coeur vidé de mon contenu.
Quand on n'a que les mots pour remplir le coeur qui s'est versé dans ceux des autres sans penser à lui, il reste des veines bleues qui dessinent la géographie de l'étant.
Les larmes amères se déplacent librement sur mon visage comme elles le font en ce moi langagier.
Elles arpentent les routes de mes habitudes et alimentent en moi tous les chagrins..
Elles viennent me dire Bonjour.
Salut, larmes amères qui sillonnent mes terres et y plantent des graines inconnues...
L'hiver de l'âme est celui de l'étant. Et cette femme fatale nommée Mort qui fait peur à tous les vivants.
Cette femme de l'ombre qui n'obéit qu'à ses caprices et qui se cache dans nos vies.
Pourquoi la mort est un substantif féminin ? Pourquoi cela doit être une substance langagière sexuée?
La langue a ses propres raisons et bizarreries. 
Les suicidéEs sont des personnes qui referment leurs livres avant de tout lire...
Je rouvre aujourd'hui mon livre et, je me tâche de ne point le refermer avant de connaître la fin. 
Sauf si la dame fatale instaure ses lois... 

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