Les contes des larmes

 

Les contes des larmes

 

pan... vous présente

Les contes des larmes qui sont un roman-feuilleton qui vous est raconté et présenté à la manière des romans-feuilletons (journalistiques) du XIXe siècle.

 

Premier épisode

Elle s’enroule sur la joue et fractionne sa vie en mille feux; cette larme raconte son histoire à travers l’espoir de réveiller le corps endormi...

La princesse de mes rêves dort encore dans l’imaginaire des poètes, elle enjolive leurs mots et perturbent les miens. Dans la goutte bien limpide, qui glisse sur sa joue, une formule magique frappe mon esprit et m’ouvre les portes de la féerie antique :



 

« Il était une fois au pays des hommes, une fille bien éduquée qui se somme Ondine. Elle habitait la forêt des Souhaits près de la Montagne Maléfique où la source Souvenirs coule depuis l’éternité.

Dans la chaumière familiale, Ondine vivait avec sa mère Mensonge et ses deux sœurs Belle et Bébête. Orpheline, elle ne savait ni quand et ni comment son père est mort.

Lors d’une cueillette de champignons dans la forêt, elle rencontre un chevalier qui lui demande son chemin. Elle l’accompagne dans les sentiers durant quelques heures et ils arrivent enfin au point le plus profond de la forêt des Souhaits. Ils se trouvent au pied de la montagne Maléfique lorsqu’elle lui dit :

_Cher Monsieur, je ne puis aller plus loin, mère me l’interdit. Je vous prie de continuer votre chemin seul à partir de cet instant, quant à moi, je fais marche arrière afin de retrouver notre chaumière. Le chevalier qui entre-temps est descendu de sa monture, lui prit la main et déposa dans sa paume quelques écus en or. Et sans vraiment la regarder, il répliqua :

_Chère enfant, je suis heureux de cette rencontre et de votre gentillesse. Je vous conjure d’accepter ce présent avec ma gratitude. Je traverserai la montagne pour me rendre au vieux cimetière de la vallée des Morts. Bonne route ! Ne restez plus toute seule dans cet endroit fort dangereux et étrange.

Ondine lui répondit:

_Je vous prie de prendre garde aux Géants et Nains qui habitent cette montagne et tourmentent, dit-on, les voyageurs. Il y a aussi un conseil que je dois vous donner. Méfiez-vous, cher sire, de boire de l’eau de la source Souvenirs ou de vous déchausser tant que vous êtes sur le territoire des Sorcières de mauvais poils, qui se trouve près du sommet de la montagne Maléfique. Elles sont rusées et peuvent vous causer des maladies incurables si elles voient ou sentent la chair des pieds humains. C’est leur plat préféré et elles tuent, dit-on, les voyageurs qui se délassent ou se lavent dans les eaux cristallines de leur territoire. D’après ce que l’on me raconte au coin du feu tous les soirs et surtout dans les veillées de l'hameau Mystérieux de la steppe, elles arrachent les pieds des aventuriers ce qui leur cause des souffrances inouïes et ils finissent par perdre la vie au bout de quelques heures.

Elles sont trois sœurs et sortent de leur chaumière bien cachée au fond de la forêt au coucher de soleil.

Pour ce présent en or, je vous suis reconnaissante, mère sera enchantée de votre générosité et d’avoir bien flatté l’éducation qu’elle donne à ses filles orphelines. Adieu sire, et n’oubliez pas mes conseils.


 

Sur ses paroles, le chevalier bienveillant reprit sa route sans même se retourner ou dévisager l’apparence troublante de celle qui l’a guidé jusqu’ici.

Quelques temps plus tard, le soleil de midi l’aveugle et il perd son chemin. La chaleur oppressante d’un étrange astre l’empêche d’avancer comme il l’entend.

Il fut même obligé de s’arrêter deux fois pour s’abreuver avec sa monture et se déchausser pour soulager ses pieds. Ni Géant, ni Nain ne se trouvèrent sur son chemin, et il jugea cela bon.

Au bout de trois jours, il entra épuisé dans le territoire des trois sorcières. À suivre...