Mon Pygmalion

Publié le par Dinah

 

 

Ton visage s’esquisse sous ma plume, il traverse les frontières de l’imaginaire et se grave sur le corps blanc de la feuille. Que des couleurs qui t’éloignent de mes mains…

 

Je ramène ton corps couvert de baisers, du seuil des fantasmes et te touche enfin.

 

Nous voilà face à face, rendus des dessins enfantins et des fragments de puzzle-photo à la mode…

 

Tu me prends la main et continues à croquer le reste du corps fictif qui m’éloigne de toi.

 

Nous voilà entre nous, dans l’intimité d’une créatrice et de sa créature masculine…

 

Homme de mes jours, te voilà en train de tisser la toile autour de mon cœur de femme, tu m’enflammes puis me disperses en poussières artistiques sur la route des séducteurs…

 

J’en meurs, puis l’écriture me ressuscite..

 

J’épuise mes sens dans l’encens du nouveau dessin d’Adam. L’esquisse frissonne sous mes doigts et vit de mes larmes. Tu es là, je ne rêve pas. Tu m’entoures de tes bras, je ne rêve pas…

 

Nous y voilà, rien à faire, l’émoi de la moderne Galatée* transperce l’essence des matières et personnifie ses rêves de prince charmant…

 

 

 

 *Renvoi à n'importe quelle femme de lettres...

Publié dans Murmures