Le Pore artistique

Publié le par Dinah

  4499580658_d0ca2a419f.jpg

L’Ermitage m’appelle et il ne fait point jour.

Je suis le pore artisanal de l’artistique. Un pore ambivalent qui se plaît de nos temps à vivre dans les musées.

Hier, j’ai pris possession de ma nouvelle fonction du pore dans l’un des plus fameux musées au monde qui est l’Ermitage.

Il est juste 20h00 et je suis bien fatigué de ce lourd fardeau qui est le mien. Il m’appelle encore d’une voix bien pure et fugace. Mais que veut-il encore de ce pauvre Pore qui vient de terminer sa journée et voudrait bien rentrer souper dans son vieil appartement situé au centre de Saint-Pétersbourg.

Je suis las d’entendre sa voix, las aussi de ne point arrêter mes rêveries…

 

Comme bien d’autres pores, semblables, je ne fais que le travail artisanal d’assister les maîtres pendant et après leurs créations. Je suis un sujet presque invisible, mais absolument nécessaire à tous les arts.

Il m’appelle encore, et moi qui rêve du pain chaud et d’une couverture bien blanche…

Je recule devant cette voix bien imposante qui me dévisage et n’arrête pas de me questionner. Ses interpellations incessantes épuisent mes nerfs et me rendent vulnérable.

Stigmatisé, comme les autres pores, par ma faiblesse (uniquement superficielle), je continue à muter pour atteindre mes propres objectifs qui ne sont guère différents de ceux de mes semblables.

On est une classe bien distincte des autres et une minorité sociale vouée à l’art éphémère.

Je ne suis que l’art de conceptualiser le sujet, de l’embellir, de le décortiquer, de le libérer et de nuire aussi à ses prérogatives.

L’Ermitage m’appelle et il ne fait point jour, le rêve m'interpelle tout le temps.

 

Jeudi 15 avril 2010 à 19h03