Le je(u) féminin

Publié le par Dinah

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Seule comme l'étreinte d’une femme soulignée par le destin,  damnée/sauvée par l’enfantement de ses désirs.

Le temps des oubliettes laisse des empreintes sur le corps doré de l’été de l'âge, et se voue à l’échec dans le printemps des fantasmes d’un homme.

L’événement se crée par le sang des marionnettes pendues aux cordes de l’hiver de la cruauté...

On n’oublie pas la souffrance, on la couvre des poussières des années vécues.

On ne l’oublie guère, on la macère dans les marées des silences où se fabrique l’insolence des parias.

Seule entichée des étreintes de femmes aux corps fragmentés par l’écrit, je dépoussière la marionnette de mon enfance et m’enfonce dans le tissu de mon récit.

Je me calque sur les photos pour narrer ce soi qui m’échappe et feuilleter les pages de ma vie en lectrice enjouée et avide d’elle-même.

On se lit entre nous, on se lie entre nous puis l'on largue les amarres dans les ports croisés de nos jeunesses.

Je me lis quand la douleur se dresse dans les mémoires en tout brûlant et en fantômes des moments de mes morts. Le je de ces années-ci, n’a plus de sens et, apparemment, se perd  dans les lignes de la narratrice créée par lui-même.

Le je s’exprime, il  tente en se racontant d'ouvrir les portes; se donner une épaisseur substantielle à laquelle il se réfère.

 

21 mai 2010 à 8h 20