L’esthétique du miroir

Publié le par Dinah

 

 

 

 

 

 

De l’antre du silence, la douleur surgit et me fait peur. J’apprivoise les magmas qui se versent en moi et je pleure mon enfance.

Lasse de tout ce qui enveloppe les pensées et les rendent parfois impures, je me réfugie dans la forêt sacrée du soi.

Derrière la solitude, reste l’habitude de faire couler mon sang, bien réel, sur le support numérique.

En feuille de printemps, j’immigre dans tes souvenirs et fortifie mes forts.

J’ai hâte de te revoir et, de maquiller les pensées de tous les regards perchés sur ce nous.

Dans l’ivresse poétique des images sonores qui flottent dans mon refuge, le coucher de soleil émiette le restant de mes mots…

Je navigue dans ton corps linguistique et, je fais escale dans le port de l’Esthétique du miroir…

 

Comme un miroir, je reflète tout, je suis maudite, auteur qui ne sélectionne guère…

Comme un miroir, je copie tout, je suis l’Aphrodite qui naît des eaux poétiques indéterminées…

Comme un miroir, je reproduis tout, j’embrasse tout,et ne fais point de distinction entre l’important et le frivole.

 

Voilà ce que je suis, un être miroir, lisse, flexible, impénétrable et infatigable d’affabuler le réel et de le poétiser différemment.

Présence intrinsèque et douleur de ne point être comprise, miroir d’antan, et en même temps, de ce présent et même de l’avenir…

Inutile de pleurer, de me leurrer et de faire semblant, il me reste pourtant, l’unique « désir-plaisir » de vous raconter la suite en éternelle répétition.

Discours incongru, fautif et nauséabond, vous voyez, n’est-ce pas, mes douleurs vives d’être tout sauf regardé comme l’être qui porte en lui sa propre esthétique, et pourtant, et pourtant, elle existe… *

 

 

 

 

 

 

 * PS. Je clone/scanne, comme l'"habitus", la facette vue; une reproduction du même, selon mes dimensions, mais point le même...

 

 

                                                                Jeudi 15 avril 2010 à 17h40