Je le travesti du moi

Publié le par Dinah

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Le je travestit mon identité, il me procure des modes de pratiques de soi* : des tas de processus d’assujettissement…

La loi Je me hèle, elle renferme mon être dans l’assujettissement discursif…

Je marche le long de mes ombres énonciatives et quête l’instant de Devenir…

« [...] Ne me demandez [plus] qui je suis »**, le je me clone…

Ne me redemandez plus qui je suis, ce Je ne me suffit guère…

Le je prostitue mon être, il m’étrangle en m’épousant…

S’il m’assujettit, il reste pourtant l’autre qui me façonne à son image.

Je passe par lui pour exister, je le revendique pour exister mais il est temps de dénoncer la supercherie, on ne devient pas Je par accoutumance mais presque toujours par sollicitude…

Je est le travesti du moi, il amuse la galerie en troublant toujours l’ordre linguistique…

Travestis-moi encore, il me reste toujours du temps pour retourner ma veste…

 

Bribe du 18 juillet 2010 à 15h 53.

* et ** proviennent des écrits de Michel Foucault