Histoire d’une polyphonie

Publié le par Dinah

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Dans l’Égypte antique, dans ce vieux port d’Alexandrie, la princesse de mes rêves prend forme. Issue de la plume d’une autrice qui cherche encore ses délices aux corps des mots. Bercée par Lonely shepherd joué par Gheorghe Zamfir, je voyage dans le langage.

 

 

Une princesse égyptienne apparaît à travers les lignes et me fait signe. Dans cette connivence entre la créatrice et sa créature, les flots de mots coulent vers le récit d’une vie qui est la sienne, mais dicté par les mélodies de mon être et celles de la flûte de pan.

J’endosse le rôle de narratrice et disperse mes phrases sur les pages dénudées qui viennent à moi comme de petites filles perdues dans l’horizon de l’absurdité humaine.

Elles délectent les fruits de mon imaginaire et susurrent aux lignes d’autres signes et des non-dits visibles aux cœurs amoureux.

Je me charge de narrer l’histoire banale d’une princesse égyptienne qui hante ma vie, celle des autres et dépasse de loin, par sa grandeur, mon modeste talent d’écrivain.

Je voudrais vous parler de Cléopâtre, de cette reine inégalée enveloppée du voile de parfums de l’Orient de tous les rêves, mais les pages se balancent dans mes mémoires parlent et dansent…

Les notes de musique interpellent aussi mon imaginaire et me rappellent l'histoire des histoires du Je. 

Elles m’empêchent de raconter ce que je veux, elles éparpillent mes idées en symphonie surréaliste.

Coincée dans l’antre des mots qui dégoulinent sur les pages et sèment des barrages au dit que j’écris.

Que des femmes en chaleureuses dames du dix-huitième siècle ! Ô qui serai-je lorsque ces dames en salonnières bien avisées prennent les laisses des mots et peaufinent leurs points de vue ?!

En dialogue entre nous, un écrit s’écrit lui-même. Quel imaginaire épouse le mien ? Quelles contraintes perturbent mon dessein et conduisent ma narratrice désœuvrée au bord des sanglots ? 

Elle s’éclate en rires puis en soupirs et prend le pouvoir en usant de sa baguette magique. Son fait est Fée, il ne reste plus aux vieilles pages et mélodies assez lasses de contrarier une jeune fée énergique survenue soudainement en intruse dans notre récit pour les désarmer et les rendre les otages de sa féerie.

C’est qui au juste qui écrit tout cela, je ne comprends plus rien. En sueurs, je me réveille, il est cinq heures du matin, le soleil se lève à peine et ma conscience aussi…  

 

 

 

Vendredi 28 mai 2010 à 12h12

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