Quand je pense à toi

Publié le par Dinah



Ô, je vous glorifie, ô Nausée nauséabonde qui m’arrache au néant et me projette dans l’être-là !

 

Quand je pense à toi, les tas de plantes qui arborent mes vies fleurissent continuellement.

Quand je pense à toi, des oiseaux sauvages quittent leurs rivages et prennent place dans le cocon textuel qui me sert du corps.

Quand je pense à toi, des multitudes de Je ne sais quoi embarquent mon étant dans leur territoire. Je me vois là-bas, lasse, fugace et dans les menaces de perdre le fil linguistique qui me lie à ton être. Vite ! Sortons de ce corps fait de pleurs, cousu de larmes…

Vite ! Donne-moi ta main, prête-moi tes yeux, ensevelis-moi dans tes veines.. le froid me guette.

 

Toi, qui me rends à moi-même, toi verbe suprême, un  je ne sais quoi de pathétique qui m’embellit.

Toi, qui me lies|lis dans mes peines, dans l’être-là…

Toi, qui me dis en histoires arborées de miroirs du soi.

Tu me dévisages, tu t’arrêtes au bord des fenêtres de mon être, mais tu me murmures :

« Reste là auprès de moi, remède de mon âme, portion magique de ma vie. »

Je se cherche dans cette identité de Tu, Je fait ses bagages et, part en voyage en Tu, en allant à sa découverte. Il empreinte les chemins de ses autres, de ses Tu, Vous, Nous, etc.

Il se réconcilie avec lui-même à chaque fois qu’il se déclame autre.

Je m’extrait de moi-même, je me donne naissance dans les feuillages linguistiques, dans le langage et par les hiatus du soi-disant moi, il m’ouvre la possibilité d’être.

 

Quand je pense à toi, l’amour ne cesse pas de couler dans les veines langagières, mais c’est tout le contraire, il enveloppe tout le vocabulaire de ses frissons, de ses silences et de ses nos-dits.

Il métamorphose mes phrases et fait de l’emphase, il alimente mes particules de ses circonstances événementielles et reconfigure ma substance.

Je  nage dans l’être-là, se superpose en sédiments de fidélités de/à l’humain. Il se bâtit loin des autoroutes des langues, dans les sillages du langage et ressasse le moi en événements existentiels.



Mardi 8 septembre 2009 à 9h06