Tristesse

Publié le par Dinah


Quand on n'a que les mots pour exister, quand on n'a que les mots pour sauver ce moi de l’effondrement, quand les larmes ne suffisent plus à refroidir le cœur et quand le silence devient une source de douleurs, il reste ces pages vides qui m’appellent pour y semer mes pensées.

Écrire ce qui me rend humaine, ce qui m’empêche de sombrer dans la folie.

Écrire le néant qui me happe à grande vitesse, écrire les images des lendemains et des années à venir…

La mort est là, elle est la seule qui m’accueille à bras ouverts.

La mort est là et donne consistance à mes douleurs. Elle devient ce moi qui se voue dans ce temps maudit à l’effacement.

Pourquoi les instants me lapident ainsi, pourquoi la douleur hante ma vie, pourquoi il pleut au fond de mon être à ne plus vouloir être, à en perdre la raison.

Que des larmes qui lavent mon corps et le momifient !

Que des larmes pour apaiser la déchirure de l'être !

Les larmes me dévisagent et se détachent de mon corps comme les souvenirs qui taraudent mes pensées.

Des troupeaux de larmes sauvages qui piétinent mon corps.

Il pleut, il pleut dans l’être, sur l’être, il pleut de ce qu’il ne peut plus être…

Publié dans Murmures

Commenter cet article