Publié le par Dinah



Penser l’autre qui me lie|lit dans l’Ailleurs. Penser l’ouvrage dont je ne suis que la suite. Penser ton visage de lisiste * qui me recrée à son image : c’est l’entéléchie du lire.

L’ailleurs devient là, une communauté de Là qui échappe à l'équité de la conscience collective et pulvérise le restant des normes.

Penser l’ailleurs est le pouvoir de le transformer, le transgresser, lui donner l'image linguistique de l’étant...
Je m’assoit en toi, m’accorde le privilège de lier l’autre tout en le reconstruisant en une entité différente dans ce là qui nous échappe et nous fait voyager à la vitesse de la lumière.

Je m’étends vers toi comme une forêt sauvage qui vient pour désordonner ta vie, puis pour la réorganiser.

Être qui m’échappe, pensées qui me pensent, qui me font et refont dans le temps.

Je ne suis pas l’hymne qui réconforte ton existence, je suis tous les mots qui fabriquent le doute.

Je suis tous les mots que tu veux oublier, toutes les inquiétudes qui te poussent à vivre, à renifler l’odeur de l’être-là.

Le Tu me pense et mon je reste un jeu de mots dans le temps.

Penser l’autre qui me lie|lit dans l’Ailleurs, c’est une construction qui déconstruit le tout et décèle dans ses fondements l’envie comme base de sa vie.

Lis-moi. Lie-moi tout le temps.



*Lisiste: s.n. et adj. (prend un s au pluriel), dans un dictionnaire fictif, est un substantif épicène qui désigne un lectorat,  averti. Le terme vit le jour pour combler le manque qui existe dans la langue française.  





Pensée-lettre du 20 août 2009 à 8h 26.

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