Épicédion

Publié le par Dinah





Écrire le verbe qui s’éclipse derrière le rideau de silence.

Absurdité, la mort est là,  respire en moi la douceur de la vie.

Écrire le verbe qui m’échappe, qui me happe puis me pleure.

Inventer une nouvelle tristesse qui délivre mon corps de toi.

Des souvenirs éparpillés dans les coins de la page.

Des mots-fantômes qui m’habitent quand tu n’es plus là.
Épicédion…

Les messes s’étalent en chant du cygne.

Les tresses d’une fillette se miroitent.

Je pense mon âme qui réclame la paix.

Je pense ce tout qui t’éloigne de mes mains.
Épicédion…

Point de pitié pour mon être, ne serait-ce un matin.

« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la compagne,

 Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. »
Épicédion…
Écrire le nom qui s’éclipse derrière le rideau de silence.

Morbidité, tu es là,  respires en moi la douceur de la vie.

Requiem à refaire, je pense constamment à toi.

Publié dans Murmures