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Publié le par Dinah

Un cri remplit le corps, un cri étouffé

Un cri sanguinaire, un cri de colère…

Qui suis-je ???

Morcelée en deux moi, divisée comme un pays en guerre civile.

Qui suis-je ???

Des confessions, des jugements, des pensées immanentes...

Un passé mutilé, un avenir conditionné, un présent qui n’existe pas…

Je tourne en rond, je balaye l’endroit d’un regard aveugle

Je suis ce que je ne suis pas.

Un « on » vulgaire vient me conditionner.

Un « on » primaire vient me moraliser.

Un « on » envahissant remplit mon corps de

Son-sang.

Je me verbalise: victime.

Je me verbalise: corps de souhaits,

Une matière discursive dans laquelle je me noie.

Je me verbalise : un ensemble contradictoire,

Un « je ne sais pas quoi » errant dans le langage.

Une orpheline d’Océan de savoir,

Une orpheline du moi…

Écrire : mourir sur les feuilles,

S’étaler en corps linguistique

Devenir une nourriture des yeux,

Devenir un testament unique,

Un évangile langagier, un vivier d’idées,

Un mélange exotique,

Un parfum nouveau, pathétique…

 

Écrire : mourir et se ressusciter autrement…

Dans la jungle langagière,

Trouver un moi devient un exploit.

Dans un récit de soi, rempli de moi,

Je me juge, Je me flétrit,

Je me détruit et me reconstruit.

Je me trahit puis je m’aime.

 

Il pleut aujourd’hui une solitude,

Un enterrement, un adieu,

Et des fleurs fanées.

 

Accroupie dans les lignes

Mariée aux signes,

Je t’appelles encore Mère…

Une tristesse interminable,

Une nausée transgressant mes vies,

Mère… 

Une amertume s’accroche à moi.

Une nausée épouvantable tourmente mon être.

Je ne puis plus être.

 

Il pleut des départs

Il pleut, le Départ.

Une triste histoire, un passé-futur

Une absence…

 

Il pleut de toi.

Je me cache dans les lettres

J’assujettis ta mort. Tu me hantes.

Une mer de solitude se verse dans mon corps.

Je me remplis de ce vide, et je me vide.

Une source de mots, une interminable épopée

Coule avec les larmes…

Je me marie à la solitude,

Je me voue à l’habitude :

Tristesse enfouie dans mes entrailles,

Unique envie de vivre…

Qui suis-je sans toi ???

Une île sans mer, une terre sans soleil, un corps sans âme…

Écrire : mourir encore sur les feuilles, devenir translucide, s’exposer sans pudeur.

Dire tout, c’est tout.

Il pleut un souvenir. Il pleut au fond.

Le déluge me porte. Les mots me tuent. Les mots me sauvent.

C’est l’histoire d’une larme qui s’accroche aux cils, qui s’incruste aux feuilles des tableaux discursifs.

Dans le déluge un soupçon de salut visite mes mémoires.

Ta voix coule en moi un conte de fées.

Tes yeux me couvrent: un souhait unique…

Une larme vient tout effacer et tout redessiner.

Entre tes bras mère/langue je m’endors :

Un hymne de joie…