Le clonage par le langage

Publié le par Dinah


[Avertissement du 11 mai 2009.

À mes lisologues, ce texte est un clown|clone langagier réalisé par des moyens stylistiques (entre autres : typographie, mise en page, date de publication, auteur, orthographe, etc.)

Il a été produit par le clown|clone langagier de l'auteur qui est bien féminin (Dinah: pseudonyme) contrairement au célèbre clone langagier de notre baronne Dudevant (Aimantine Aurore Lucile Dupin) qui est bel et bien masculin (George Sand)...

Le texte clowné|cloné continue donc à circuler sous le manteau...
Pour lire le texte original, il vous suffit d'aller sur le site d'Expression Libre.

NB. Cet avertissement a été certifié par l'auteur.]

 

Je suis autre. Je suit l’autre.

Un Je condamné à être disqualifié du neutre sauf s’il m’accroche au je|jeu.

Le Je est un jeu du pouvoir. Le Je n’est qu’un jeu du savoir.

Le Je m’étrangle, m’assassine, je le prime et il m’arrache les cheveux…

Je suis autre, autre que moi, autre dans le moi, autre dans mes solitudes, autre qui m’échappe, autre qui s’évapore; autre pensée que moi résonne en moi.

Autre dans l’autre, autre dans l’oubli, dans le néant de l’écrit.

Autre qui me déchire le cœur; me pleure, m’avoue, me loue, me fatigue...

Signe obsolète de mon être insaisissable, signe obsolète qui m’arrache à l’écrit et à mes devises. Je ou je m’avise…

Douleurs de l’âme qui me lapident, douleurs de moi-assassin, douleurs dont on ne peut se rendre compte qu’à travers les sensations physiques, les verbes de souffrances, les verbes de la chair qui donnent à mes souffrances un corps, me matérialisent objet de censure censurant mon être.

L’existence est une souffrance.

L’existence est une douleur qui se réclame dans l’âme un amour insoupçonnable.

Miettes de moi, rassemblez-moi dans l’écrit; édifice de mon être.

Une pyramide qui fustige mon essence. J’avoue que le Je me nargue et m’arrache à moi-même.

J’avoue qu’il me torture et me tue tous les jours.

J’avoue le diable je|jeu en moi.

J’avoue le péché d’être un je, de n’être qu’un jeu de mots.

J’avoue l’étroitesse de mon savoir, de mon pouvoir, de mes outils-mots.

J’avoue les douleurs qui s’obstinent à me mettre par terre.

J’avoue le loup-mot qui existe entre nous.

J’avoue ma corruption langagière, d’être un jeu, rien qu’un jeu d’apparences et de silences, d’être une syntaxe, d’être un support, d’être là, de n’être que dans les mots, d’être un jeu hasardeux de lettres, d’être un mot qui occupe une fonction de Je.

Ici, là, j'avoue le fait d'être un moi structuré par le support linguistique, d’être fictif(ive), d’être polyphonique, d’être ce que je ne suis pas, d’être déjà ailleurs, d’être en perpétuel décalage entre ce que j’écris et ce que je pense, d’être donné(e) en différé, d’être trahi(e) par les mots, de n’être qu’une traduction, un clone langagier de moi, d’être tout sauf ce que je|je suis|suit…


*Lisologue: s.n. et adj. (prend un s au pluriel), dans un dictionnaire fictif, est un substantif épicène qui désigne un lectorat assidu, avisé et averti. Le terme vit le jour pour combler le manque qui existe dans la langue française...  

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